Partager l'article ! Un sanctuaire Shinto à la nuit tombante: Deux trois jours à Tokyo ont suffi pour que je commence à m’y retrouver un peu entre les différent ...
Piotrinjapan
Quelques nouvelles de mes trois mois au Japon !
Deux trois jours à Tokyo ont suffi pour que je commence à m’y retrouver un peu entre les différentes religions et écoles religieuses japonaises. La description qui va suivre n’a rien de bien
rigoureux mais voici l’idée que je me suis faite des différents styles de spiritualité et d’architectures que recouvrent les termes de Shinto, de bouddhiste ou de zen. Le temple bouddhiste est souvent grandiose : ses
proportions sont amples, il donne sur une cour majestueuse dont les graviers cèdent la place de-ci de-là à un arbre centenaire, une grosse lanterne de pierre ou encore une fontaine à ablutions
dont la gueule de dragon crache une eau claire. Ces derniers éléments – lanterne, stèles votives et fontaine prophylactique – sont en réalité communs aux trois spiritualités que j’ai mentionnées.
Le temple bouddhiste abrite la plupart du temps sous une voûte obscure et vaste une grande statue de Bouddha baignée d’encens et souvent encadrée d’une kyrielle d’autres statues très expressives.
De grandes fleurs de lotus stylisées lui tiennent compagnie et caressent les voûtes raffinées du temple. Cette abondance d’ors, de couleurs passées, et de formes travaillées me touche
certainement moins que l’atmosphère des temples zen. Bouddhistes aussi, ils prêchent néanmoins un
bien plus grand dépouillement : on y trouve parfois de magnifiques jardins de mousse, où poussent azalées et bonzaï le long de ruisselets
artificiels ; des érables aux feuilles étoilées s’y courbent créant d’admirables jeux de lumière et de petits sentiers dallés y serpentent. L’architecture est plus stricte : entre de
longs murs clairs et rectilignes, de larges allées découpent l’espace en plusieurs temples et temples-dépendants. Sur le ciel se découpent les branches vertes des pins japonais et des toits de
tuiles vernissées aux courbures anthracite qui pointent vers le haut. Au pied des murs de bois sombre et de torchis blanchi à la chaux, ces « jardins secs » ou des milliers de petits
cailloux blancs tracent des lignes monotones autour de rochers à la symbolique profonde. Ces temples sentent fort le recueillement et la méditation, mais me sont restés assez étrangers, sans
doute par manque de culture.
En revanche, les sanctuaires
shintoïstes… Ils sentent bon l’animisme et la religion naturelle : sitôt franchi le premier torii, grand portique rouge corail - à la forme si caractéristique qu’il en
est venu à incarner le Japon pour beaucoup d’annonceurs touristiques – je me sens transporté. Les sanctuaires shintoïstes sont ceints d’une barrière de bois ou de pierre dont les interstices
réguliers laissent passer le regard. Ce premier signe est pour moi très parlant : le sanctuaire, contrairement aux temples bouddhistes n’est pas un espace totalement à part ; c’est
un lieu ouvert. Nous en avons d’ailleurs découvert un particulièrement émouvant. Nous avions eu une journée harassante, couru toute la journée de pavillon d’or en pavillon d’argent, de temples en
jardins, et la pluie avait commencé de tomber tout doucement ; la nuit aussi. En haut d’une colline boisée au cœur de Kyoto, nous avons trouvé ces clôtures rouges corail typiques qu’avait
annoncées un massif torii de pierre.
Au sommet de la colline
et au milieu de ces bois, le sanctuaire nous est apparu dans la pénombre. Deux gros lions de pierre s’y font face au pied d’un escalier qui monte vers le lieu saint. Le toit du bâtiment de bois
luit sous la pluie. Il n’y a pas un chat, la ville à quelques pas de là n’existe plus. Des petits papiers sont pliés en guirlandes et remuent dans le vent : ils portent sans doute des
prières. D’autres bâtisses de bois vont se perdre dans l’ombre de la forêt. L’air porte un parfum de fleur et d’humidité. Nous sommes restés quelques minutes dans cet endroit empli de silence et
d’esprits. Lorsque nous sommes redescendus, nous sommes repassés par deux ou trois autres torii. Aux détours des marches se cachaient de petits autels chargés d’ex-voto. Nous sommes
sortis de cette parenthèse enchantée pour aller déguster des brochettes dans un petit restau du coin.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||