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Piotrinjapan
Quelques nouvelles de mes trois mois au Japon !
Avec deux amis, nous sommes partis à Kyoto par le bus de nuit. Nous
voulions poser nos affaires dans un petit hôtel où nous avions réservé des lits sans pouvoir confirmer. A l’heure d’arrivée de notre bus, tout était encore fermé : un soleil pâle éclairait
les rues sombres et grises d’une ville frileuse et plutôt moche. Nous avons erré dans des ruelles assez étroites et bordées d’habitations plus basses, un aperçu du vieux Tokyo…
Au bout d’une rue est apparu un immense hangar. Nous nous sommes souvenus que les japonais cachent pudiquement les chantiers de construction ou de rénovation sous un échafaudage de bâches qui les
dissimulent aux passants. C’était un temple gigantesque qui était en rénovation. Son enceinte entourée d’azalées était percée de portes monumentales aux toits recourbés. Dans la cour
gravillonnée, une fontaine à gueule de dragon invite aux ablutions. Des lanternes de pierre colossales ouvrent la voie, un arbre centenaire laisse reposer ses branches artificiellement droites
sur de légers étais. A 8h, nous étions à l’hôtel pour apprendre que nous n’aurions pas de chambre… Nous avons vite décidé de nous lancer sur une piste du petit futé : une chambre d’hôte au
sud de la ville, près d’un temple renfermant la plus haute pagode du Japon. Après une très longue marche, nous avons trouvé notre gite. Bien caché dans sa venelle, il ressemble à un tripot, mais
sa façade est trompeuse : à l’intérieur, le sas est un temple privé bouddhiste. Papi nous accueille sur le pallier : il est tout fluet, édenté, tout sourires et vêtu de jaune canari. Un
vieux sage en tenue de sport ! Un retraité qui arrondit ses fins de mois en accueillant les touristes comme ses petits-enfants. Nous avons découvert à
l’étage la salle commune : une table basse chauffante entourée de
tapis duveteux, puis une rangée de lits superposés tout simples avec un drap, deux couvertures et un petit oreiller de grains de blé noir pour toute literie. Les toilettes étaient dehors et de
salle de bain, il n’y avait point ! Nous sommes donc allés une semaine durant et tous les soirs à deux pas de là, aux bains publics. Dans l’entrée, hommes et femmes abandonnent leurs
chaussures dans de petits casiers, puis après s'être acquitté des frais d’entrée vont séparément se dévêtir dans une seconde pièce équipée de plus grands casiers, d’une télé et de cendriers.
Chacun prend une petite bassine avec ses petites serviettes éponges, son savon et son shampoing et va tout nu dans la salle des bains. Elle est emplie de vapeur : le long des murs, des
douches à mi-hauteur et des tabourets en plastique ; au centre, des basins et bains remplis d’eau jusqu’à ras-bord. Sur le côté, un sauna. Il faut tout d’abord s’asseoir sur
l’un des tabourets face au mur, se laver assis et soigneusement se rincer sans éclabousser ses voisins : la bassine sert à se projeter l’eau sur le corps et les serviettes éponges sont
d’inattendus gants de toilettes ! Une fois bien propres, nous avons pu nous ‘relaxer’ dans une eau chaude à la limite du supportable. Il est possible d’alterner avec le sauna, un bain froid,
un bassin d’eau bouillonnante aux herbes, et… un bain électrique : de part et d’autre, une cathode et un électrode ( ?) envoient dans l’eau de régulières décharges ! Le même
plaisir qu’une somme de coup de jus sur des clôtures électrifiées. Sacrée surprise ! Les vieux japonais du coin s’y immergeaient avec plaisir pourtant, mais étrangement moins longtemps que
dans les bains attenants !
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