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Piotrinjapan
Quelques nouvelles de mes trois mois au Japon !
L’art des jardins japonais n’est plus à vanter. Mais je n’y résiste
cependant pas ! J’ai vraiment été abasourdi en les découvrant : ils miment à s’y méprendre de merveilleux petits coins de nature. Je me suis fait un peu avoir lors de mes toutes
premières visites dans ces jardins centenaires, pensant tout d’abord que les lieux étaient naturellement beaux... et particulièrement bien entretenus. Il m’a fallu, arrivé à l’extrémité de l’un
de ces jardins, voir derrière une palissade la forêt à l’état brut pour comprendre toute ma méprise. Non, ces jardins incroyables ne sont pas d’enchanteresses petites clairières mais bien des
jardins artificiels qu’un seigneur ou un dessinateur de génie à conçus patiemment ! Cette domestication de la nature à la fois minutieuse et discrète ne laisse pas d’étonner : les plus
admirables jardins que j’ai vus sont à la fois impeccables et ont pourtant la fraîcheur du naturel.
Les manteaux de mousse qui couvrent de petits coteaux vallonnés évoquent de tendres sous-bois ; ils n’en sont pas moins énergiquement balayés chaque
jour. La mousse s’épanouit partout jusqu’aux gros galets qui délimitent de profonds ruisselets ; de loin en loin une grande pierre fait office de passerelle et relie deux séries de dalles
qui tracent sous les arbres des chemins raffinés. De fins érables déploient un feuillage étoilé dont les teintes vont le plus souvent du plus franc vert clair au pourpre le plus sombre en passant
ailleurs par un doux fauve rosé. Les pins - au tronc et aux ramures malmenés comme des pieds de petites chinoises - étirent des branches horizontales et nues qui chacune porte une lourde couronne
d’épines.
Parfois, ils se penchent, et les plus
basses viennent caresser les eaux d’un large étang au bord duquel ils ont été plantés. Des rochers en trouent la surface, parfois quelques tortues s’y prélassent, et toujours des buissons d’iris
violets et d’azalées roses s’épanouissent sur ses rives. Des îles artificielles peuplées de bonzaïs et autres arbres nains parfois reliées par des petits ponts créent de véritables fantasmagories
aquatiques. Parfois, un pavillon de bois se reflète dans ces eaux peu profondes. Des arbres plus grands lui servent d’écrin, dont les frondaisons touffues offrent à l’ensemble un cadre tout en
camaïeu de verts. Autant vous dire que ces jardins me plaisent !
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