Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 15:47

La surprise qui nous attendait était encore plus abracadabrante que le dîner. Le père de notre ami nous avait réservé une soirée karaoké dans un établissement du quartier de Gion, le quartier des plaisirs tokyoïtes… et cette noble maison était tenue par des Geishas et leurs apprenties, autrement dit dans le dialecte local, des Geikos et des Maikos ! Cette fois encore, le privilège n’était pas des moindres : nous avions lu dans nos guides que très peu de touristes voire même de japonais dans leur vie ont l’occasion de passer un moment en si bonne compagnie. Les geishas sont devenues si rares au Japon qu’il faut être bien introduit pour profiter de leur présence le temps d’une soirée ! Merci encore à notre hôte providentiel ! La Geiko et sa Maiko ont pris le temps de se présenter à nous dans les formes, nous donnant leur nom et leur carte de visite, autocollantes, pour une raison que j’ignore. Puis lorsque les présentations ont été faites, nous avons commandé à boire et à grignoter, nos hôtesses nous accompagnant dans la boisson mais pas dans le grignotage ! Saké chaud, vins, bière, et shoshu de nouveau ! Nos voisines nous faisaient gracieusement la conversation, s’évertuant à nous mettre à l’aise dans ce drôle de petit salon où nous étions assis en tailleur les pieds sous une très grande table basse. Un immense écran au fond de la pièce nous faisait face et passait des images de chiots et de chatons en train de se câliner sur des musiques mièvres. La geiko assise à mon côté me fit vider mon verre à saké pour pouvoir à son tour y tremper les lèvres, me resservant aussitôt. Pas un instant dans la soirée nous n’avons eu nos verres moins qu’à demi pleins ! Bientôt, notre fier hôte demanda à lancer le karaoké : pour nous encourager, il proposait d’interpréter la première chanson. Le clip de la chanson est apparu à l’écran, un peu vieillot avec des images à l’eau de rose… Deux micros, des castagnettes à la mexicaine et un tambourin rose fluo apparurent sur la table. Lorsque le père de notre ami a commencé de chanter, nous sommes tous restés cloués : il chantait à la perfection ce vieux tube américain. Très impressionnés, nous nous sommes rappelé que le karaoké avait été inventé au Japon et qu’il restait un « sport » national ! Mais très vite, l’alcool aidant, nous nous sommes tous retrouvés à chanter sur de vieux tubes mondialement connus, que nos hôtesses nous aidaient à sélectionner sur des petites consoles dernier-cri ! Elles mêmes chantaient avec nous avec des petites voies aigues et ravies ! Leur robe bien stricte quoique soyeuse et chatoyante les empêchait de faire de trop amples mouvements mais elles y mettaient tout leur cœur, riant de leur jolie dents un peu jaunes en comparaison de la poudre de riz qui leur couvrait tout le visage et le cou, seule leur nuque sous des cheveux relevés laissant paraître le rose naturel de leur peau ! L’ambiance était devenue petit à petit géniale et décalée, quand une autre geiko et son apprentie se joignirent à nous en sombres habits d’apparat, nous firent maintes courbettes et salutations, nous donnèrent à leur tour leur nom écrits sur de petits autocollants très féminins et vinrent boire avec nous avant se s’éclipser… Il fut bientôt temps pour nous aussi de suivre le même chemin ! Mais nos deux charmantes hôtesses ne nous ont cependant pas abandonnés dans l’instant : nous accompagnant jusqu’à nos taxis (merci encore à notre hôte !), elles nous ont dix fois encore salués jusqu’à ce nous disparaissions entièrement à leur vue. Leur petite main kawai s’agitait derrière la vitre de notre véhicule au rythme de leur « bye bye » enchantés ! Cette inoubliable soirée prit fin sur ces quelques dernières images !

Par piotrinjapan
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